Le spectacle musical, visuel et olfactif présenté, samedi, par Nathalie Manser et le Chœur des écoles de Villeneuve, entre autres, a enflammé l’Auditorium Stravinski à Montreux qui affichait complet. Près de 1800 personnes ont été emmenées dans un voyage de trois heures dans le monde des sens et de l’émotion.
La production de Nathalie Manser, Dave Richards Michel Roudnitska, Jacques Morard, du Chœur des écoles de Villeneuve et des danseurs de Montreux a attiré 1800 spectateurs à l’Auditorium Stravinski.
Présenté par la Fondation du Marché de Noël de Montreux, en première suisse, le spectacle musical, olfactif, aquatique et pyrotechnique a enflammé l’Auditorium Stravinski samedi soir.
L’affiche intitulée «Un monde en senteurs» a attiré 1800 spectateurs dont tous les sens ont été mis à rude contribution durant près de trois heures.
Appelé à ouvrir les feux, le Chœur des écoles de Villeneuve (230 enfants) n’a pas manqué de chauffer les cœurs à l’aide d’un répertoire désormais rôdé qui comprend, entre autres, des titres de Goldman, de Balavoine, de la comédie musicale «Hair» ou encore de Manu Dibango.
C’est avec les yeux bien ouverts, les narines dégagées et les oreilles attentives que le public a été appelé à suivre le spectacle présenté conjointement par la violoncelliste Nathalie Manser, l’ingénieur du son Dave Richards, le multiinstrumentiste Erdgal Kizilcay, le créateur de parfums Michel Roudnitska et le Centre de danse de Montreux.
Plongé dans un cadre surréaliste, comprenant des productions musicales originales, des arabesques aquatiques de plusieurs fontaines formant parfois un rideau d’eau sur lequel des images ont été projetées, mais aussi des jets de parfums et des artifices pyrotechniques, le public a été emmené dans un voyage en trois dimensions. Il a apprécié.
L’acclamation finale réservée aux artistes ne doit cependant pas tout aux artifices techniques utilisés. C’est avant tout par leur authenticité et leur sincérité, que les musiciens, chanteurs et danseurs ont fait vibrer l’auditoire.
Le fait que cette production a réuni près de 250 personnes de la région sur scène n’est pas non plus étranger au succès rencontré. Samedi, l’assistance n’a de loin pas été confidentielle à l’Auditorium Stravinski. L’ambiance, elle, est restée familiale et très chaleureuse.
«Mettre sur pied un tel spectacle nous a demandé plus d’énergie que lors de l’organisation de tout le Marché de Noël. Il aurait été plus simple pour nous de faire venir le Chœur de l’Armée rouge…» Président de la Fondation du Marché de Noël à l’origine du spectacle «Un monde en senteurs», Pascal Bettex convient que la mise en place de cette première suisse n’a pas été de tout repos. L’idée a germé au printemps dernier, «il a tout d’abord fallu obtenir l’accord de tous les participants en deux jours pour pouvoir figurer parmi les quinze manifestations de la Saison culturelle de l’auditorium bénéficiant de la gratuité de la salle et d’une aide technique», rappelle Pascal Bettex.
Après avoir convaincu la Municipalité qu’ils n’étaient pas des fous furieux voulant mettre le feu à l’Auditorium Stravinski, les organisateurs sont ensuite partis à la quête d’un financement pour .cette manifestation qui a reposé sur un budget de 100 000 francs. Le plus difficile restait néanmoins à venir, à l’approche du spectacle.
Vendredi, à cinq heures du matin, alors que la prestation de l’humoriste français Frank Dubosc venait à peine de s’achever, les techniciens de la société de création d’événements «J’imagine» ont commencé à monter le théâtre d’eau sur la scène de l’Auditorium Stravinski. Il a ainsi fallu installer un bassin de 16 m de long, 5 m de large et de 40 cm de profondeur, poser les 14 pompes destinées à donner tout autant d’effets aquatiques différents ainsi que les 1200 buses placées au sol. Pour la création du rideau d’eau de 10 m de long et de 6 m de haut, ce ne sont pas moins de 8800 buses d’un débit de 60 litres/seconde qui ont été nécessaires. Restait encore à pomper trente tonnes d’eau au bloc incendie…
A l’heure du spectacle, les jeux d’eau et de feu ont été activés par un claviériste pour qui la principale difficulté a consisté à anticiper les mouvements musicaux, vu que les pompes ne s’amorcent que près de 2 seconde après l’impulsion électrique.
«Ce spectacle a constitué un gros pari, même si les risques encourus font partie de notre quotidien, confie Jacques Morard, responsable de la société «J’Imagine». En l’occurrence, les principales difficultés pour nous étalent liées à la résistance du bassin, au risque d’incendie ainsi qu’à la réserve d’eau et de feu.
En .raison de l’importante vaporisation, il s’agissait aussi de veiller à ce que toute l’eau retombe dans le bassin afin de ne pas devoir faire face à des problèmes dus à une humidité trop importante. A un moment donné, nous avons dû, en outre, créer volontairement des turbulences avec le rideau d’eau pour éviter que la fumée ne se dirige vers le public.»
Au total, le spectacle a nécessité la collaboration d’une vingtaine de techniciens (monteurs, artificiers, régisseurs et claviériste) ainsi que de cinq pompiers.
En ce qui concerne la dimension olfactive du spectacle, ce sont quatre diffuseurs qui ont émis sept jets de parfum de 3cl chacun au cours de la soirée.
Autre détail: à trois heures hier matin, toutes les installations avaient été démontées et l’auditorium avait déjà repris son visage habituel.